T E M O I G N A G E

"La différence vécue dans l'amour ne sépare pas !"

Confrontés à l'éducation chrétienne de leurs enfants, Jean-Marie protestant, et Anne-Marie catholique, nous partagent toute la richesse du compagnonnage avec d'autres couples mixtes.
Une belle expérience

 

Nous avons pris contact avec le Centre Saint Irénée il y a vingt ans pendant que nous attendions notre première fille.

Nous sommes entrés dans
un groupe de foyers mixtes
de l'agglomération lyonnaise

Et nous sommes trouvés au milieu d'autres jeunes couples. Très rapidement les naissances se sont succèdées : Aurélie, Christophe, Véronique, Yvan, Émilie, Étienne autant de bébés qui ont comblé leurs parents et qui nous ont aussi rapprochés les uns des autres : rapprochement dans le souci du quotidien, bien connu des parents "tout neufs", mais aussi dans la découverte de nos responsabilités nouvelles.

Une démarche oecuménique
devenue peu à peu familiale

Très spontanément nous avons emmené nos enfants aux messes ou aux cultes célébrés au Centre Saint Irénée. C'est ainsi qu'ils ont "plongé" dans notre vie de couple chrétien. Ce fut d'autant plus facile que nous étions plusieurs dans le même cas et que le père Beaupère, frère Axel, les pasteurs Bindschedler ou Blancy nous accueillaient comme si tout le bruit et le mouvement causés par les petits avaient fait partie de la célébration. Ainsi, naturellement notre démarche de couple est devenue celle de la famille qui nous formions désormais. En y repensant, on peut dire que ceci fut capital pour nous et notre poursuite d'une vie dans nos Églises.

Un éveil à la foi
au rythme de la liturgie

Les enfants grandissant, nous nous sommes demandé comment ne pas laisser Jésus "derrière la porte de l'âge de raison", celui du début du catéchisme ou de l'école biblique. Aidés successivement par Anne-Marie Bardet puis par soeur Dominique, notre groupe de parents a voulu marquer, avec les enfants, les grands temps liturgiques de l'année. C'est ainsi que nous avons été amenés à réfléchir sur le sens, pour nous, de ces grandes fêtes, puis sur le message à transmettre et enfin sur la pédagogie à utiliser. À l'époque il n'existait pas encore les nombreux et remarquables ouvrages avec lesquels peuvent maintenant travailler les groupes d'éveil à la foi. Alors nous avons beaucoup inventé en nous appuyant sur notre réflexion biblique et sur le vécu quotidien avec nos enfants.

et des rencontres fraternelles
autour de la vie de Jésus

Puis trois fois dans l'année nous nous retrouvions tous (six ou sept couples) chez l'un d'entre nous pour quinze minutes de fête vécue autour d'un récit de la vie de Jésus raconté par un support visuel : images, diapos, marionnettes Ensemble aussi nous chantions de courts refrains gestués qui étaient autant de moments de prières. Nous nous souvenons avec joie de ces moments partagés dans un profond esprit d'unité, et bénéfique pour les petits comme pour les grands.

Un questionnement
toujours vivant

Puis les enfants ont grandi et la vie a provoqué déménagements et séparation du groupe, même si l'amitié, forte d'un vécu partagé, est restée très présente. En ce qui nous concerne, cela nous a obligés, un peu perdus que nous étions, à plonger très vite dans les paroisses catholique et protestante auxquelles nous étions rattachés géographiquement, et à plonger, en famille, notamment en participant au culte et à la messe en alternance. Plus libre que mon époux je me suis engagée dans les groupes d'éveil à la foi des deux côtés si bien que ces deux groupes ont fini par préparer et réfléchir ensemble les temps forts vécus, eux, séparément.
Plus tard certains enfants se sont dirigés vers la catéchèse oecuménique mise en place dans notre ville et adressée aux enfants de foyers mixtes mais aussi aux enfants de parents catholiques ou protestants qui le souhaitent. Une façon de se rencontrer, de se connaître et de faire tomber les à-priori. Et cela sans gommer les différences finalement source pour chacun d'enrichissement de sa Foi.

Et après ? Nos enfants suivent le chemin maintenant ; peut-être ne sont-ils pas assez engagés à notre goût dans l'Église, protestante ou catholique. Mais je crois qu'ils ont compris que la différence ne sépare que s'il n'y a pas d'estime et d'amour réciproque. Ils ont découvert combien au contraire elle pousse chacun à mieux se connaître lui-même pour aller à l'essentiel de la Foi : l'amour de Dieu pour tous les hommes, et en premier lieu pour ceux qui viennent à Lui comme des petits enfants.

Anne-Marie et Jean-Michel VERGNON,
Saint Étienne

© Tychique 2001