Les feux rouges dans nos communications !


 À propos des zones-gâchettes. Il y a des zones de 'terrain miné' dans notre communication, des zones d'hypersensibilité qui déclenchent des réactions violentes Cela touche des zones où notre liberté est touchée et notre pouvoir atteint.

Une gâchette de pistolet, on l'effleure à peine et le coup part. Le point-gâchette, c'est cette partie de moi-même extrêmement sensible : si on la touche, soit je bondis, soit je me ferme comme une huître. Ce lieu où je fais l'expérience que je ne suis pas libre de mes réactions et suis quelqu'un de susceptible qui ne contrôle pas forcément d'emblée ses humeurs.

Un mot, une attitude, le ton de la voix, un rien parfois et le feu rouge s'allume : je vois rouge ! Il y a des moments où il suffit de tellement peu pour que je réagisse avec violence. Ou j'explose, ou je me renferme complètement sur moi-même et cela provoque une crise dans ma communication avec les autres.

Des crises de dialogue :
- Il y en a dans la Bible : Ex 32, Luc 15, Luc 22-24, Jn 4,9
- Nous pouvons aussi le vérifier dans notre vie quotidienne particulièrement dans la vie familiale. Citons quelques exemples vécus :

 Quand le rouge
s'allume-t-il ?

 Pourquoi le rouge
s'allume-t-il ?
"Je n'arrive pas à supporter telle chose ou telle situation sans vivement réagir Pourquoi ? D'où cela vient-il ?"
Nous sommes marqués par toute notre histoire personnelle, familiale et culturelle, c'est tout un univers qui nous a fait et a tissé notre être.

L'origine de mes zones-gâchettes ? Reprenons nos exemples :

 

À la rencontre de 2 personnes, il y a rencontre de 2 univers différents :

 MON UNIVERS
 Moi avec

 rencontre

 TON UNIVERS
 Toi avec

mon sexe
mon pays d'origine
ma race
mon milieu social
ma famille
mon histoire

 ton sexe
ton pays d'origine
ton milieu social
ta race
ta famille
ton histoire

 

Une rencontre mystérieuse
où chacun va percevoir, filtrer les mots, la voix, les attitudes, les comportements de l'autre en fonction de sa propre histoire personnelle, de son propre univers.

 
l'écoute - la tendresse
rapprochent

 
les points-gâchettes - la susceptibilité
éloignent

 

 Attention à l'orange !
Comment réagir ?
Au feu orange, on reste encore sur place, c'est un passage qu'on ne peut pas toujours éviter : un passage obligé.
Mais il ne faut pas s'y installer comme à un STOP !

 

Les attitudes stériles

On reste au STOP quand dans nos difficultés de relations et nos conflits :

  • on se décourage :
  • on banalise :
  • on est fataliste :
  • on panique et s'affole :
  • on gomme facilement :
 "Je n'y arriverai pas !"
"C'est pas grave, ça va passer".
"Je suis comme ça, rien à faire".
"Ouh là là où allons-nous !"
Je fais comme si rien ne s'était passé pour éviter la confrontation.


 Comment passer
au vert ?

« Celui qui fait la Vérité vient à la Lumière, Jésus n'est pas venu pour juger mais pour sauver le monde » (Jn 3, 20-21)

Pour que le feu passe au vert, il s'agit d'être honnête et vrai(e) avec soi-même.
Pour cela le Seigneur m'invite à accueillir mes blessures et à entrer dans
un chemin de libération.

 

Les attitudes fécondes

1. Choisir le dialogue en évitant discussion, analyse ou orgueil du savoir. Il s'agit d'accueillir la différence de l'autre sous le regard de Dieu.

2. Accueillir mes blessures. Il ne s'agit pas de faire de l'introspection, de m'analyser, mais de laisser le Seigneur me révéler mes blessures, mes fragilités, mes points gâchettes car Lui seul peut les guérir, les apaiser dans Sa Tendresse. Ma seule volonté n'y suffit pas !
Je suis invité(e) dans la prière à reconnaître où j'ai mal, ce qui me fait mal et à le présenter avec confiance à Sa Miséricorde où à écouter l'autre me dire ce qui l'atteint dans ma manière d'être : ce qui le blesse, l'écrase

3. Me reconnaître pêcheur et accueillir la miséricorde de Dieu.

 

Voilà des bavardages subtils qui, en apportant de l'eau au moulin, peuvent exclure, ridiculiser ! Sans compter avec toutes les injustices dont nous sommes plus ou moins indirectement complices. Devant ces manières d'être, de faire de nos sociétés, plus je reste en connivence et plus je perpétue le péché. Je vais par exemple continuer à dire que les Écossais sont des avares ! Que les Chinois sont des voleurs ! Que les Belges sont des gens naïfs dont on peut rire ! Etc...

 

4. Pour entrer dans un chemin de conversion et de libération.

Par la grâce du Baptême, le Seigneur me propose de passer

du sentiment d'être

victime

de mon péché
de mes blessures

 à l'état de

sauvé
où je deviens
responsable
de mes pensées
de mes paroles
et de mes actions

La Bonne Nouvelle de l'Évangile m'invite à m'accueillir et à me situer :

Dans le 'terrain miné' de nos communications quotidiennes entre homme et femme, entre époux et épouse, entre parents et enfants, entre frères et soeurs Il est - Lui - le meilleur des démineurs (Ph 2). Son action libératrice n'est-elle pas à l'oeuvre d'une manière simple dans chacune de nos vies quand nous le lui demandons dans la prière et les sacrements que nous propose l'Église ?

"Oui, Seigneur, je suis susceptible.
Vois cette zone gâchette qui mine et complique mes relations.
S'il te plaît par la grâce de ton Esprit vient mettre le cran d'arrêt !"

 

Proposition pour prolonger la réflexion en couple ou en famille

Premier temps : Chacun peut partager un point-gâchette.
"Dans notre vie de couple ou de famille, qu'est-ce qui est source de tensions ? Qu'est-ce qui me rend susceptible et crée de la tension entre toi et moi, entre nous ?"

Deuxième temps : Après avoir pris le temps de s'écouter (sans réagir)
chacun peut répondre aux deux questions suivantes :
"Qu'est-ce que moi, je peux faire pour t'aider ou vous aider ?"
"Et qu'est-ce que toi, tu pourrais faire pour m'aider ?"

Troisième temps : C'est le temps de l'offrande où ensemble nous nous tournons vers le Père qui est toute paix. On peut Lui présenter nos fragilités et Lui demander sa grâce pour que l'écoute profonde, l'unité et la communion grandissent dans notre couple, dans notre famille ou notre communauté.