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Pascale depuis sa tendre enfance s'est attachée à lire l'Écriture de bout en bout. Avec humour et conviction, elle nous dit combien ce contact régulier et personnel a été source d'une rencontre lumineuse et décisive avec Dieu. |
Mon premier vrai contact avec la Parole de Dieu remonte à mon enfance. À partir de sept ans, mon frère, puis moi, ayant commencé à accompagner notre mère à la messe dominicale, nous avons attrapé une allergie notoire au temps du sermon : temps long et fort ennuyeux à nos oreilles d'enfants quoique, à bien regarder les adultes, la plupart semblaient ne pas écouter plus que nous Ils savaient seulement mieux le cacher !
Une plongée
dans le missel des dimanchesDonc, histoire d'occuper le temps, mon frère a choisi de somnoler, comme beaucoup. Moi, adorant lire, je me suis plongée avec enthousiasme dans le seul livre disponible : le missel des dimanches ! Appréciant surtout, bien sûr, les épisodes aventureux et pleins de rebondissements de l'Ancien Testament, mais lisant tout avec impartialité.
J'ai donc passé, en comptant bien, 20 minutes x 52 dimanches x 8 années (jusqu'à l'âge de ma conversion à quinze ans, où alors j'ai tâché d'écouter un peu plus les sermons) soit presque 140 heures à lire la Bible. Sûrement, une imprégnation a eu lieu sans que je m'en rende compte : le Seigneur préparait le terrain !
Une connaissance
toute neuve
d'un Dieu si procheÀ quinze ans, donc, j'ai commencé à fréquenter un petit groupe de prière. Les chants, l'ambiance fraternelle, la simplicité dans la manière de parler à Dieu m'ont plu tout de suite et voulant approfondir cette connaissance toute neuve d'un Dieu si proche, j'ai subtilisé dans la bibliothèque de ma mère les livres de David Wilkerson (La Croix et le Poignard), de Merlin Carothers (De la prison à la louange, puissance de la louange) que sagement, elle ne m'avait pas proposés, sinon je n'y aurais sûrement pas touché ! Grâce de l'adolescence
Ces livres m'ont montré une dimension de foi enthousiasmante. Et dans son deuxième livre, Merlin Carothers expliquait qu'on pouvait demander au Seigneur directement le baptême dans le Saint-Esprit. Je l'ai donc fait, au milieu de ma lecture, assise sur mon lit, avec tout mon sérieux et toute ma conviction.
Mais il écrit ensuite qu'un signe quasiment « obligatoire » de ce baptême est le don des langues. Et ça déjà que je n'étais pas bavarde de nature ça ne venait pas ! J'ai donc mis ce baptême dans ma proche et je l'ai oublié.
Te rends-tu compte
que tu passes tes journées
à lire la Bible ?L'année s'est passée Toujours en fréquentant avec beaucoup de joie le groupe de prière. Et l'été, je m'apprêtais à partir pour ma première session oecuménique et charismatique : la "Porte Ouverte", avec Thomas Roberts. Ma mère m'a fait une remarque que j'entends encore ; elle m'a dit : "Te rends-tu compte que tu passes tes journées à lire la Bible !" Surprise ! Je ne m'en étais pas du tout rendu compte. C'est vrai, j'y passais tous mes loisirs, depuis ce baptême à mes yeux raté. Et en plus, tout me paraissait clair et limpide, c'était une vraie joie. (Je me suis rendu compte plus tard, quand tout s'est compliqué, que c'était une grâce particulière ! Le Seigneur comblait son nouveau-né) Finalement, je l'avais reçu, le Saint-Esprit ! Et il éclairait la Parole de Dieu pour moi
Je l'ai lue
de la Genèse
à l'Apocalypse"Dès que je trouvais tes paroles,
je les dévorais"
Jr 15,16Ne sachant pas trop par quel bout la prendre, je l'ai lue de la Genèse à l'Apocalypse, avec des petits retours affectueux en Esaïe particulièrement. J'y découvrais un Dieu proche, tendre, attentif au concret, au quotidien, aux détails insignifiants d'une vie aussi bien qu'à la destinée d'un peuple. C'était une bénédiction, au moment même où l'avenir me semblait flou et désespérant. Ensuite, à la "Porte Ouverte" cette année là (et celles qui ont suivi) les frères protestants encourageant beaucoup la lecture assidue, j'ai naturellement continué à y plonger Mais insidieusement, avec plus de sens du devoir et moins d'enthousiasme et de compréhension, je commençais à vivre par mes propres ressources, et seule, sans personne avec qui partager. Ma prière aussi s'en ressentait.
Le Seigneur m'a alors
fait la grâce de venir
avec force et tendresse
me rencontrer.Le Seigneur m'a alors fait la grâce, dans une de ces sessions d'été, de venir avec force et tendresse me rencontrer. Il m'a fait comprendre qu'il était mon Père, et ce que cela voulait dire : qu'Il n'était pas "extérieur" à moi, mais au plus profond de mon être : mes racines, ma sève, le rocher où je suis ancrée. J'étais comme une branche où lui était l'arbre, et c'était Sa vie qui coulait en moi, c'était Lui-même. Je n'étais plus seule. "Père", Il l'était aussi, comme celui qui aide à marcher, à grandir, à discerner ce qui est bon de ce qui ne l'est pas ; un père qui est concerné par tout ce qui m'arrive ; qui a confiance en moi, qui est fier de moi. Tout cela m'a retourné le coeur, moi qui voyais ma vie surtout en noir et pensais ne savoir que me tromper.
Il me faisait comprendre que mon passé était enveloppé dans sa miséricorde, mon présent dans sa tendresse, mon avenir dans sa confiance. Un avenir qu'Il regardait avec plaisir C'est comme si mes yeux s'ouvraient, émerveillés, sur qui Il était réellement, au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer.
Cette rencontre m'a ancrée définitivement en lui, et m'a relancée aussi dans la Parole. Recherchant cette présence si forte et si bonne (trouvant souvent frustrant de ne plus vivre cette proximité !), le meilleur moyen de la "retrouver" était de me laisser imprégner par la Bible, parfois par un texte, reçu dans la prière, parfois en prenant du recul et en survolant plusieurs chapitres ou un livre entier.
Prendre du temps
avec un textePrendre du temps avec un texte, c'est comme regarder un objet au microscope : on peut y voir beaucoup de détails. Mais si on ne fait que cela, on peut avoir tendance à vivre la même chose dans son quotidien : à regarder sa vie au microscope, on va voir une montagne là où il n'y a qu'une taupinière (grossie mille fois)
Lire la Bible en continu
De la même façon, lire la Bible en continu permet d'avoir une vue d'ensemble du plan de Dieu comme une vue d'avion c'est réconfortant de voir sa puissance à l'oeuvre au cours du temps. Cela aide à prendre soi-même la valeur du temps, à faire grandir sa propre patience
et son humour face à ses
taupinièresLaisser la Parole
travailler toute seule,
comme Elle sait le faire"Vois ma misère et délivre-moi,
car je n'ai pas oublié ta loi."
Ps 118,153Pour moi, cela m'aide aussi quand ma prière est aride, que l'Évangile ne me dit plus rien : de lire simplement, sans chercher plus, comme un enfant Cela permet à la Parole de travailler toute seule, elle sait le faire, et souvent, sans que je m'en rende compte. Je lui laisse de l'espace pour couler à flots en moi, et imprégner ma tête, mon coeur. Elle qui sait « réconforter celui qui n'en peut plus » Bonne lecture donc !
Pascale Morbois,
Chemin Neuf, Lyon.© Tychique 2000