T E M O I G N A G E
"C'est le Christ que je vois dans le regard des malades"

   Célibataire consacrée engagée à vie dans la Communauté, Christiane nous partage sa joie de rendre visite aux grands malades de la paroisse.

Actuellement, je vis avec la Communauté à Notre Dame du Roucas à Marseille, et je suis au service de la paroisse de Mazargues, paroisse confiée à la Communauté.

Là, il m'a été demandé
d'aller rendre visite à des malades
dans une clinique du quartier,
avec Simone une paroissienne.

Depuis un an et demi j'y vais tous les lundis. Je visite deux pavillons : l'un accueille des personnes très dépressives (entre 20 et 70 ans). Ce n'est pas toujours très facile d'aborder ces personnes ; certaines vous regardent sans rien dire D'autres détournent la tête quand elles vous voient ! On aimerait tellement, Simone et moi, leur parler, leur apporter un peu d'amour et d'espoir ! Pour essayer de sortir d'eux-mêmes, certains malades viennent au centre d'ergothérapie

où on leur propose des activités manuelles ou des jeux (cartes ou Scrabble). Dans ce lieu, le contact est meilleur, j'essaye de les faire parler et de rire avec eux !

 

Il y a des jours meilleurs que d'autres bien sûr, mais souvent je les quitte avec l'espoir, qu'un jour, ils puissent reprendre une vie normale ou un travail dans un C.A.T. (Centre d'Aide par le Travail).

 

« J'étais faible et Il m'a sauvé
Retrouve le repos mon âme,
car le Seigneur t'a fait du bien ! »
(Ps 116)

Dans l'autre pavillon, ce sont des personnes âgées, là, je vais dans chaque chambre et prends cinq à dix minutes avec chacune.

Je parle peu
J'écoute surtout

C'est ma présence qu'il leur faut et qui leur fait du bien. Les plus délaissées ont besoin de contact, de toucher. Elles prennent mes mains, les embrassent ; un baiser sur le front, sur la joue leur donne de la joie !
Les personnes les plus lucides me reçoivent en disant : « Vive les lundis ! » C'est une telle joie pour elles, car elles passent leur temps à attendre dans leur fauteuil ou leur lit.
Au presbytère de Mazargues, une fois par mois nous avons une réunion de visiteurs de différents centres ou cliniques, temps de prière et partage. C'est un très bon soutien pour ce service qui n'est pas toujours facile mais ô combien enrichissant. Je sens naître en moi plus d'amour et plus de compassion ! Je me sens souvent « dépourvue » devant les malades, devant la souffrance. C'est le Seigneur que je vois dans les regards, les visages de ces grands malades de notre paroisse.

« J'étais un étranger,
en prison malade
et vous m'avez visité.
Mais quand Seigneur ?»
(Mt 25,35).


Tout cela m'aide à continuer et aussi me réconforte dans cet appel reçu de la part du Seigneur Partout où le Seigneur m'a appelée, je peux dire que j'ai été comblée, comment ne pas lui rendre grâces !

Chistiane Brun

© tychique