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T E M O I G N A G E |
"Au quotidien, la part qui me revient fait mes délices!"
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Corinne et son mari Emmanuel |
Trouver Dieu Corinne |
La vie quotidienne de mère et de « communautaire » au foyer - la mienne en tout cas - n'est pas comme ces images d'Epinal que l'on a vite dessinées de la vie douce et harmonieuse de Nazareth, où rayonne naturellement, comme un âtre, la présence de Dieu parmi nous. Bien sûr, il y a beaucoup de joie à être là pour accueillir chacun, petits et grands, beaucoup de moments où « il est bon de vivre ensemble en frères » Mais il est aussi des moments où la monotonie des tâches journalières me submerge et où je ne vois rien de «divin » dans tous ces menus gestes répétés.
C'est pour ces moments là
que j'ai reçu cette année
un précieux cadeau pour ouvrir
peu à peu mes yeux d'aveugle :
c'est quand s'enchaîne le souci du repas suivant dès le précédent achevé par la vaisselle, quand je dois, soir après soir, essuyer les mêmes colères de François pour la sortie du bain, sans parler de la marée de jouets que je peux remettre dix fois dans les caisses sans qu'elle ne se lasse de déferler ...C'est cela même le cadeau. C'est un exercice spirituel ; au cours de mon quotidien. Ignace appelle cela la REPETITION,
"ce n'est pas tant d'en savoir (et d'en faire !) beaucoup qui rassasie l'âme mais de goûter les choses intérieurement".
Il est des gestes qu'il nous faut répéter
beaucoup, pour qu'avec la grâce de Dieu nous cessions de
nous en évader
pour y goûter sa présence.
Alors il me faut bien répéter chaque jour les
mêmes gestes pour apprendre à faire taire mes agitations
intérieures, pour y mettre de plus en plus mon pauvre amour,
et ouvrir ainsi la porte à l'amour infini de Dieu qui veut
donner. Quand ma journée est nourrie par la prière
personnelle, j'accepte mieux, avec joie même, de ne pas
voir la fécondité, le sens de mes gestes, mais de
les exécuter simplement par amour. J'apprends bain après
bain à relativiser mes « grandes » questions
par rapport aux « petits " signes de sa présence.
Quand n'est plus là le goût de se donner, la pauvre
fidélité de mon corps même n'est-elle pas
aussi présence de Celui qui est toujours fidèle
? Et quand des frères ou un mari m'aident à rire
de moi, des situations, alors, dans l'humour, qui met ce qui manque
de sel à la vie, il est vraiment là notre Dieu !
Je l'avoue, je lâcherais parfois enfants, frères
et surs pour un peu de repos et de tranquillité. Mais,
je rends grâce au Seigneur qui me permet de dire chaque
jour plus en vérité, à propos de la vie familiale
et communautaire :
« Le Seigneur était
là
et je ne le savais pas »
et de le remercier car « la part qui me revient fait mes délices, j'ai même le plus bel héritage » !
Corinne PROTAIS
Communauté du Chemin Neuf
Toulouse
© Tychique et communauté du chemin-neuf