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T E M O I G N A G E |
"A l'heure où les vaches vont boire ..."
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Pour parler Astère |
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Ange, Marie-Stéphanie et Gabrielle |
Marie-Clémence |
La notion de temps est très relative.
Ayant vécu six ans et demi de ma jeunesse en Occident, je dirais que j'ai été un peu déformé par mon métier par rapport au monde africain dans lequel je vis maintenant. Je suis confronté à une gestion de temps qui doit être rigoureuse parce que je travaille comme informaticien dans une banque ; c'est un métier qui exige de l'exactitude, d'être à l'heure, mais en même temps je suis dans une société burundaise dans laquelle le temps n'a pas d'importance. Je suis donc en permanence stressé par l'impression d'être incompris par mon propre milieu d'origine. S'il y a par exemple une fête ou une rencontre communautaire, les gens arrivent avec une heure de retard et pour eux c'est normal, il n'y a pas à s'enflammer, à s'énerver, si bien que je suis en permanence en combat avec le fait que les gens ne comprennent pas la gestion du temps comme moi je la comprends.
J'ai l'impression quand j'organise des rencontres, que je bouscule les gens, cela me met en tension en permanence je peux dire.
| Notre rapport au temps a une influence sur toute notre vie sociale |
Socialement, je suis très sollicité par les amis,
la parenté, les fêtes, le mariage, les « levers
de deuils » (fête nocturne lors d'un deuil), et je
me rends compte que j'ai très peu de temps pour moi et
ma famille. Souvent, dans ma prière personnelle, j'ai des
remords, je dis au Seigneur que je n'ai pas eu de temps pour Lui.
Mais en définitive, le temps que je prends avec les autres,
que je donne aux autres, c'est du temps que je donne au Seigneur.
Voilà ce que je pourrais dire sur le temps comment je vis
avec le temps, moi, le temps me prend.
Astère Simbaré
communauté du chemin neuf
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