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...lundi 4 août
Hautecombe 2003, 600 jeunes réunis par la Communauté du Chemin Neuf

Et si Dieu vous surprenait...

" Ouvrir des chemins de paix ". Depuis dix ans, ces chemins s'ouvrent à Hautecombe, au cours du festival international organisé par la Communauté du Chemin Neuf. Près de 600 jeunes de tous pays et toutes confessions chrétiennes sont réunis cette année du 4 au 9 août : une semaine pour construire l'unité entre nos pays et nos Eglises. Une occasion aussi de se laisser surprendre par "l'inattendu de l'amour de Dieu".

Hautecombe, lundi 4 août. Apprêtée pour l'accueil du festival, la cour Saint-André résonne encore de la scie de Michel. Depuis trois jours sans discontinuer, de 7 h à 23 h, il exerce ses talents de menuisier sur une mappemonde géante cachée dans son atelier. Haute de 2,50 m, elle doit servir pour la soirée de lancement du festival. Un symbole de la dimension internationale du rassemblement.
Ils sont en effet près de 600 jeunes, cette année, à arriver, sac au dos, de tous les continents : d'Europe bien sûr, avec les plus grosses délégations : 150 Français, 80 Polonais, mais aussi des Italiens, des Slovaques, des Lettons, des Allemands, etc ; d'Amérique : Brésil, Canada (un Canadien hérité des JMJ de Toronto !) ; d'Asie : Philippines, Japon ; d'Afrique : Togo, Congo, Burundi, Egypte...


Pendant une semaine, les jeunes sont rassemblés en petits villages pour échanger, prier, s'ouvrir à d'autres cultures. " Dans chaque village, il y a au moins deux nationalités différentes, explique Pauline, responsable d'un groupe franco-polonais. Le but, c'est de permettre les échanges, parfois au-delà de la barrière de la langue. Moi par exemple, je ne parle pas un mot de polonais, à part " bonjour " et " merci "… Mais avec l'anglais et les signes, on arrive quand même à se débrouiller ! "

Pour certains, le voyage a ressemblé à un " grand pèlerinage ", comme le souligne Karim, tout droit venu - ou presque - du Niger. Etudiant en informatique, il a pris l'avion jusqu'à Alger, et de là, a embarqué pour Marseille. Après 24 heures en bateau, il était enfin en France, dernière ligne droite avant Hautecombe. " Mes parents sont musulmans, raconte-t-il. Mais lors de ma première année d'études, j'avais un voisin de chambre catholique et très croyant. On a beaucoup parlé de Dieu, il m'a fait connaître la Communauté du Chemin Neuf, je leur ai écrit et me voici, pour la deuxième fois, à Hautecombe ! Je viens tout simplement demander à Dieu sa lumière, chercher son visage et sa paix. Lui m'éclairera sur le chemin à prendre ensuite pour ma religion ".


Pour d'autres, l'arrivée à Hautecombe a plutôt un petit air de " grand pas dans le vide ". Que ce soit pour Jérôme, de France, qui cherche Dieu et s'est inscrit au dernier moment en quête d'une réponse à ses questions ; ou bien pour Chérine, d'Egypte, qui a quitté pour la première fois son pays pour se confronter à d'autres chrétiens. " Cette année à Alexandrie, raconte-t-elle, le Père Joseph Eid (de la CCN) nous a fait voir des vidéos d'autres pays, des frères d'autres confessions au cours des soirées Net for God. Ca m'a donné envie, moi aussi, de les rencontrer. Je suis copte catholique, et je voulais connaître mieux votre façon de penser, votre relation à Dieu ".

Pour d'autres enfin, ce voyage relève davantage du parcours du combattant. Sur les 14 Palestiniens attendus, seul Andraous a pu quitter Israël. Il étudie en effet à Jérusalem et n'a pas été bloqué par le couvre-feu qui s'abat régulièrement sur Bethléem depuis des mois… " Dans la situation de guerre que nous subissons, c'est très dur de vivre, nous n'avons plus rien pour rêver, aucun but, aucun avenir. J'étudie le business aujourd'hui, mais demain il n'y aura pas de travail pour moi… Je suis venu chercher ici la paix, et une raison d'espérer ".

A la nuit tombée, les 600 jeunes ont quitté l' " Open bar " de l'Espace Net for God, leur campement dans la prairie ou la plage au bord du lac, pour se retrouver sous la " tente de l'unité ". Silence. Pénombre. Un conte de la Création lance la présentation des différentes nationalités.

Enfin installée sur le podium, la mappemonde tourne. Les Allemands, eux, valsent sur des airs d'accordéon, relayés par les chants lettons, hongrois, congolais… : en habits traditionnels, sept délégations donnent un avant-goût de leur pays. " Profitez de cette semaine pour aller vers des jeunes d'autres pays ! ", lancent depuis le podium Dace, Lettone, et Yan, Mauricien. Tous deux se sont rencontrés dans la Communauté et sont mariés depuis deux ans.

Autres témoins de ce Dieu amoureux de la différence, Charles de Foucauld, Mère Teresa, et Thomas Roberts. Une vidéo reprend l'intervention de Dieu dans leurs trois vies.

"Il y a toujours les surprises du Saint-Esprit, partage Thomas Roberts, pasteur de l'Eglise apostolique galloise. Et quand on me demande : 'Qu'est-ce que tu attends ?', je réponds : 'j'attends l'inattendu' ". A chacun, cette semaine, d'oser le prendre au mot.